Archive for décembre 2009

A venir _ NEW YORK – SANTO DOMINGO _ vernissage jeudi 10 décembre au soir

1 décembre 2009

Photographies par Polibio Diaz

POLIBIO DIAZ _ ARTISTE PHOTOGRAPHE :

Artiste contemporain, originaire de la République dominicaine. Il commence ses études de photographie à l’Université de Texas A&M, États-Unis, où il poursuivait des études d’ingénierie.

Après une carrière d’ingénieur civil, à partir de 2003 il décide de se consacrer à la photographie et à l’art. Il donne des cours de photographie à des enfants dans les quartiers les plus pauvres du pays et de photographie créatrice au sein du Musée d’Art Moderne de Santo Domingo (MAM). Il a donné des cours de photographie en Martinique et au Mexique. Des critiques sur lui ont apparu dans Le Nouvel Observateur, L’Humanité et Afriscope.

Il a collaboré avec les écrivains Julia Álvarez, Manuel Rueda, Alexander Hemon,Chiqui Vicioso,Jeannette Miller et Junot Díaz (Pulitzer 2008). Ses photographies ont été exposées avec celles de Eadweard Muybridge, Henri Cartier-Bresson, Edward Weston, Ansel Adams, Man Ray, Robert Marplethorpe, Cindy Sherman et Andrés Serrano, entre autres.

Il est aussi Ambassadeur, Conseiller culturel du Ministre des Affaires étrangères de la République Dominicaine.

NEW YORK – SANTO DOMINGO

Le propre de l’émigration, c’est de mettre en mouvement des individus et des collectivités motivés par la volonté de trouver ailleurs que dans le pays natal, de meilleures conditions de vie et de travail. Cette migration, qu’elle soit défi nitive ou temporaire  met l’étranger face à des réalités économiques, culturelles et sociales parfois en tout point différentes du pays natal. A travers ces photos Polibio Diaz se fait le spectateur engagé d’une alchimie visuelle qui témoigne de l’intégration paysagère des Dominicain dans la métropole américaine. Son travail participe de la recomposition des paysages urbains pour en laisser apparaître les plis et les ressorts de la dominicanité spatiale qui en eux s’exprime. 

Il s’agit de clichés empreints d’une vitalité lyrique qui renvoie à la convivialité joyeuse de certains quartiers de Saint  Domingue. Le talent de Polibio Diaz réside dans l’expression d’une profondeur et d’un étonnement là où l’œil commun ne voit que  de l’habitude. 

L’artiste dont le travail sur les intérieurs des quartiers populaires dominicains et la prédilection pour les décors baroques  ont révélé une fraîcheur réelle dans la composition et la démarche thématique, dévoilait une maîtrise consommée de la grande  échelle et de la lumière à cru, sur des portraits de front et posés. Passée la phase de l’exploration introspective et statique des intérieurs, Polibio Diaz se livre à l’exploration d’un monde plus vaste et mobile : la communauté dominicaine de New York. Il l’aborde  par le biais le plus familier et le plus commode à cet exercice : la rue. C’est la scène d’une recomposition socio-spatiale où la culture dominicaine trouve à s’exprimer, à s’épanouir. A cette recomposition territoriale, l’artiste répond par des recompositions visuelles, à la façon de miroirs aériens dont les tains opposés reproduiraient des mondes parallèles, mais non identiques, alignés à l’infi ni. Ce recto/verso crée un effet de féerie et de légèreté, propice à des images placides et agrestes au cœur de la grande ville. 

Cette série révèle surtout  chez le photographe un besoin nouveau de prendre du champ par rapport à son terrain de prédilection, sans perdre de vue l’essentiel : la vitalité des représentations populaires. Les images sont celles de gens en mouvements  pris dans un cadre urbain qui les déplace littéralement de leurs racines. 

Nostalgique, mais aussi à mille lieux du parvenu cousu d’or qui expose ses gains, les profi ls saisis dans cette série sont  ceux d’hommes et de femmes de tous les jours exerçant leur métier et prolongeant leur culture dans un univers moderne ouvert,  mais indéterminé où ils arrivent tout de même à imprimer leur touche. Polibio Diaz trouve ici à exprimer son besoin de mouvement et  de nécessaire distance par rapport à soi-même. Car l’exil n’est pas ici traité comme une perte, mais un élargissement, une nouvelle  perspective pour la culture. Et New York apparaît le lieu d’une alchimie allègre de verre, de parcs et de lumière où les Dominicains  vaquent heureux à leurs petites affaires comme Dieu à Paris.  

Jean Marie Théodat 

Maître de Conférences Université Paris 1

 

 

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